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Analyse

GTA IV Episodes from Liberty City : le dernier grand DLC

Episodes from Liberty City réunit The Lost and Damned et The Ballad of Gay Tony, les derniers DLC solo d'un GTA. Rétrospective du sommet du genre.

Par Alfred de GTA Zone · Publié le 13 juillet 2026 · 6 min de lecture

Un motard en blouson de cuir sur un chopper dans une rue pluvieuse et nocturne de Liberty City, réverbères et façades sombres, lueur de néons roses d'un club en arrière-plan, dans l'ambiance de GTA IV
Illustration : GTA Zone

Episodes from Liberty City, c’est le pack qui réunit The Lost and Damned et The Ballad of Gay Tony, les deux extensions de GTA 4 sorties en 2009. Ce sont, à ce jour, les derniers vrais DLC solo jamais sortis pour un GTA. Seize ans plus tard, alors que GTA VI approche sans la moindre extension solo annoncée, retour sur le sommet d’un genre que le studio a lui-même enterré.

The Lost and Damned : Liberty City vue du caniveau

Le 17 février 2009, Rockstar lâche The Lost and Damned, première extension de Grand Theft Auto IV, sur Xbox 360. On y incarne Johnny Klebitz, vice-président du club de motards The Lost, une bande crasseuse d’Alderney rongée par les guerres de gang et la drogue. Là où Niko Bellic cherchait une rédemption, Johnny gère une fraternité qui se déchire de l’intérieur. Le ton est plus noir, plus désabusé, porté par une écriture d’une rare âpreté pour un contenu additionnel.

Un membre du club de motards The Lost vu de dos, blouson de cuir avec l'écusson du gang, debout sous la pluie devant une voiture de police aux phares allumés dans une rue de Chinatown à Liberty City
Les couleurs du club The Lost sous la pluie de Liberty City. The Lost and Damned assume un registre crasseux et fraternel, à l'opposé du jeu de base. Source : Rockstar Games

Côté jeu, l’épisode ajoute des guerres de territoire, la possibilité d’appeler ses frères de club en renfort, tout un lot de motos et des armes inédites : fusil à canon scié, lance-grenades, pistolet automatique, cocktails Molotov et bombes artisanales. Une greffe complète, pas un simple pack de skins.

The Ballad of Gay Tony : néons, parachutes et démesure

Huit mois plus tard, le 29 octobre 2009, The Ballad of Gay Tony prend le contre-pied absolu. On y joue Luis Fernando Lopez, garde du corps et associé d’Anthony « Gay Tony » Prince, roi déchu de la nuit de Liberty City. Fini le gris des faubourgs : place aux boîtes huppées, aux hélicoptères et à une énergie clinquante, presque parodique, qui rappelle les excès de Vice City.

Luis Lopez en costume noir accoudé à la rambarde d'une mezzanine surplombant la piste de danse d'une boîte de nuit aux néons roses et violets dans The Ballad of Gay Tony
Luis Lopez veille sur les clubs de Tony Prince. The Ballad of Gay Tony bascule dans le clinquant nocturne, néons et démesure. Source : Rockstar Games

C’est aussi l’épisode le plus généreux en gameplay : parachute et base jumping, fusil à pompe explosif, armes plaquées or, hélicoptère d’assaut, et une pluie de mini-jeux (gérer les clubs, danser, boire, combats en cage, sauts chronométrés). Beaucoup le considèrent comme la meilleure façon de jouer à GTA IV, tant il injecte du fun là où le jeu de base cultivait le réalisme pesant.

Critère The Lost and Damned The Ballad of Gay Tony
Sortie 17 février 2009 29 octobre 2009
Héros Johnny Klebitz, motard Luis Lopez, videur de luxe
Ton Sombre, crasseux, tragique Clinquant, fun, démesuré
Ajouts phares Guerres de gang, renforts, canon scié Parachute, armes en or, mini-jeux
Metacritic (X360) 90/100 89/100

Le vrai tour de force : trois histoires qui s’entrecroisent

Ce qui a fait entrer Episodes from Liberty City dans la légende du DLC, ce n’est pas seulement la quantité de contenu. C’est la construction. Les campagnes de Johnny et de Luis se déroulent en parallèle de celle de Niko, dans le même Liberty City, aux mêmes dates. Un deal de diamants foireux passe de main en main entre les trois protagonistes, chaque épisode éclairant sous un angle neuf des scènes déjà vues dans le jeu original. Vous croisez Niko au détour d’une mission, vous comprenez enfin qui tenait l’autre bout d’une fusillade. C’est un puzzle narratif, rare à cette échelle, qui transforme une ville en théâtre à trois points de vue.

Le trailer officiel du pack Episodes from Liberty City, qui condense les deux ambiances en une bande-annonce. Source : Rockstar Games

Pourquoi Rockstar n’a jamais refait ça

Alors, pourquoi ce modèle a-t-il disparu ? La première raison est un chèque. Microsoft a payé à Take-Two environ 50 millions de dollars pour que ces deux épisodes restent exclusifs à la Xbox 360, avant leur portage sur PS3 et PC en 2010. Ce genre d’accord ne se reproduit pas facilement. La seconde raison est plus profonde : le contenu épisodique a rapporté moins que prévu, et surtout, GTA Online est arrivé.

Johnny Klebitz, cheveux courts et barbe, roulant sur son chopper devant une explosion et une tornade de débris dans une mission de The Lost and Damned
Johnny Klebitz sur son chopper. Le personnage réapparaîtra dans GTA V, où Trevor l'exécute sans ménagement dès sa première apparition, dans la mission Mr. Philips. Source : Rockstar Games

Après eux, Rockstar n’a plus signé qu’une seule extension solo, Undead Nightmare pour Red Dead Redemption en 2010, avant de tourner définitivement la page. Les DLC narratifs promis pour GTA V ont été annulés, Red Dead Redemption 2 n’en a jamais eu, et le studio prolonge désormais ses mondes par un mode en ligne monétisé plutôt que par des campagnes payantes. Le sort de Johnny Klebitz résume l’époque : le héros de The Lost and Damned est expédié en quelques secondes au début de GTA V, tué par Trevor, comme un symbole cruel de la fin d’une époque. Pour comprendre ce virage et ce qu’il annonce, lisez notre analyse sur les DLC solo et GTA VI, notre rétrospective de GTA IV et notre suivi de la date de sortie de GTA VI.

Episodes from Liberty City reste un objet unique : le moment où Rockstar a prouvé qu’un DLC pouvait être une œuvre à part entière. On attend toujours qu’un studio, le sien y compris, ose recommencer. Alfred, GTA Zone.

FAQ

C'est quoi Episodes from Liberty City ?

C'est le pack qui réunit les deux extensions solo de GTA IV : The Lost and Damned (2009) et The Ballad of Gay Tony (2009). Vendu d'abord en téléchargement sur Xbox 360, il est sorti fin 2009 sur un disque Xbox 360 autonome, puis en avril 2010 sur PS3 et PC, jouable sans posséder le jeu de base.

Quelle est la différence entre The Lost and Damned et The Ballad of Gay Tony ?

Deux tons opposés dans la même ville. The Lost and Damned suit Johnny Klebitz, vice-président d'un club de motards, dans un registre crasseux et fraternel. The Ballad of Gay Tony suit Luis Lopez, bras droit d'un magnat des boîtes de nuit, dans le clinquant, les parachutes et les armes dorées.

GTA 6 aura-t-il un DLC comme Episodes from Liberty City ?

Rien n'est annoncé, et c'est improbable au lancement. Rockstar n'a plus vendu d'extension solo pour un GTA depuis 2009 : le studio prolonge désormais ses jeux par un mode en ligne, pas par des épisodes payants. On détaille ce basculement dans notre analyse dédiée aux DLC solo de GTA VI.

Peut-on encore jouer aux Episodes aujourd'hui ?

Oui. Ils sont inclus dans GTA IV: The Complete Edition sur PC (Steam, Rockstar Games Launcher). Sur consoles récentes, la rétrocompatibilité Xbox permet d'y accéder, mais il n'existe pas de version PS5 ou Xbox Series remasterisée.

Sources

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