GTA VI ramène-t-il la démesure de GTA San Andreas ? Sorti en 2004, Grand Theft Auto VI n’existait pas encore, et San Andreas était alors le jeu le plus ambitieux jamais conçu : trois villes, des montagnes, un désert, une liberté inédite. Vingt-deux ans plus tard, GTA VI répond avec un seul État, mais bien plus dense. Deux visions de la démesure, que voici décortiquées.
San Andreas, le mètre-étalon de l’ambition
En 2004, Rockstar North frappe un grand coup. GTA San Andreas ne se contente pas d’une ville : il en propose trois, Los Santos, San Fierro et Las Venturas, reliées par des montagnes, une zone désertique et des kilomètres de campagne. À sa sortie sur PS2, c’est tout simplement le plus grand monde en 3D jamais réalisé, une prouesse arrachée à une console pourtant modeste.
Le jeu va plus loin que la taille. Carl « CJ » Johnson peut prendre du muscle ou de la masse grasse selon son alimentation et sa fréquentation des salles de sport, changer de coupe, se faire tatouer, conquérir des territoires de gang dans un Los Santos qui rejoue l’ambiance de la côte ouest du début des années 90. Ces mécaniques quasi-RPG étaient révolutionnaires. Résultat : 95 sur 100 sur Metacritic, plus de 27 millions d’exemplaires écoulés et le statut de jeu le plus vendu de la PlayStation 2. Pour situer San Andreas dans la lignée Rockstar, voyez aussi notre comparatif San Andreas contre GTA 5.
GTA VI, l’ambition par la densité
GTA VI prend le problème par l’autre bout. Pas de course au nombre de villes : un seul État, Leonida, inspiré de la Floride, avec Vice City en cœur urbain et tout un arrière-pays autour. L’enjeu n’est plus l’étendue brute mais la densité : un monde estimé près du double de GTA V, peuplé, détaillé, où chaque quartier respire.
C’est là toute la différence de philosophie. San Andreas juxtaposait des terrains de jeu distincts ; GTA VI veut un territoire continu, du marécage des Grassrivers aux récifs des Leonida Keys, sans rupture. Là où la PS2 limitait Rockstar à une géographie segmentée, le moteur RAGE nouvelle génération autorise une simulation que RenderWare ne pouvait pas rêver en 2004. On détaille l’échelle exacte dans notre dossier sur la taille de la carte de GTA 6.
Trois villes contre un seul État
Faut-il préférer trois villes ou un seul État hyper-dense ? La question résume tout le débat. San Andreas impressionnait par la variété : passer du béton de Los Santos aux casinos de Las Venturas, puis aux collines, donnait un sentiment de voyage. Mais cette variété avait un prix : des villes plus petites, des intérieurs rares, une foule clairsemée, limites assumées du matériel de l’époque.
GTA VI inverse l’équation : moins de villes affichées, mais une profondeur sans précédent. La promesse, c’est de pouvoir entrer partout, de croiser des PNJ aux comportements crédibles, d’avoir une météo et une faune vivantes. Le studio a prouvé avec Red Dead Redemption 2 qu’il savait faire vivre un monde dans le détail ; il applique désormais cette obsession à un cadre urbain moderne. Reste l’inconnue de taille : Rockstar n’a montré aucune séquence de gameplay, seulement des trailers cinématiques.
CJ face au duo Jason et Lucia
L’autre grand écart se joue côté personnages. San Andreas plaçait le joueur dans la peau d’un seul héros, CJ, de retour au quartier pour venger sa mère et reprendre la rue. Une histoire de gang, de loyauté et d’ascension, ancrée dans la culture de la côte ouest.
GTA VI change radicalement de formule avec deux protagonistes jouables, Jason Duval et Lucia Caminos, présentés comme un couple à la dynamique façon Bonnie and Clyde. Surtout, Lucia devient la première héroïne principale de l’histoire de la série. On est loin du héros solitaire de 2004 : ici, la narration repose sur une relation, avec des bascules entre deux points de vue.
Ce duo prolonge une idée que Rockstar explore depuis le trio de GTA V, mais en la resserrant sur une histoire de couple. On approfondit cette dynamique dans notre analyse du duo Jason et Lucia, et l’on détaille les régions de l’État dans notre tour d’horizon des zones de Leonida.
Verdict : deux démesures, deux époques
Opposer San Andreas et GTA VI, c’est comparer deux sommets d’ambition séparés par vingt-deux ans. San Andreas a repoussé les limites de l’étendue sur une PS2, en multipliant villes, biomes et systèmes. GTA VI parie sur la densité d’un seul État rendu crédible jusqu’au moindre détail, grâce à un moteur incomparablement plus puissant. San Andreas garde sa couronne de jeu culte ; GTA VI, lui, veut redéfinir le monde ouvert. La date est posée, le 19 novembre 2026, comme on le rappelle sur notre page date de sortie, et le face-à-face avec l’épisode précédent est détaillé dans GTA 6 vs GTA 5.
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